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(atelier d'architecture)
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Architecture en pente
La maison s’adapte au terrain.
La rencontre de parois murales (surtout celles des côtés de la maison) avec une pente laissée brute fait naître chez l’observateur des scénarios impossibles en situation plane où la maison peut paraître reposer sur son plan horizontal, sans rien dire davantage que sa dépose. Cette rencontre entre une ligne oblique et une ligne verticale fait intervenir le travail architectural car elle pose la question du comment ? Sur la pente, l’imagination cherche à prolonger les murs en deçà de l’oblique chaotique du terrain, à reconstituer les surfaces quadrangulaires qu’on leur connaît et se montrant ici rognées.


Dans l’amputation par le site, le bâtiment n’apparaît plus en entier d’où la perte de cette image de murs reposant sur une ligne oblique

Le glissement
Mies Van der Rohe nous offre une belle leçon d’architecture. Un des aspects les plus difficiles pour implanter un bâtiment sur une forte pente n’est pas seulement une question de niveaux d’entrée, mais plutôt de savoir comment traiter les côtés du bâtiment.
Mies qui n’a jamais laissé un détail au hasard (car « Dieu est dans les détails » ou « rien ne joue si tout ne joue pa »), coupa sur l’arrière dans la pente, et installa la Tuggendhat house entre deux niveaux de cour creusés dans la colline. Il en résulte que la maison, qui devient l’entre-deux entre un haut et un bas, paraît solidement ancrée dans la colline, entourée de terrasses qui dramatisent la pente naturelle et rendent la colline architectural. Avec le glissement, on considère la maison comme un tout formel ramené à une expérience physique. Le rapport pente/maison devient un problème de placement de corps.

Le crantage
Pour une pente conservée brute, une réponse à la ligne de contact mur /inclinaison serait de plier en escalier la fine dalle qui en situation plane fait pression sur la plaine. Les profils de la Stewart house (L.A., 1909) de F.Lloyd Wright présentent une base crantée, comme munie de crocs agrippés à la pente et immobilisant la maison. Une fois la découpe par crantage effectuée, il est possible de jouer sur l’emboîtement des deux pièces, autrement dit de concevoir la maison crantée par le bas indépendamment de la pente crantée en surface, comme si la maison se décollait du sol en y laissant son empreinte en escalier et jouer sur l’écart entre les deux crantages.
Schindler réalise une mise en liberté complète de la figure en inversant le motif du crantage (effet de miroir) au lieu de suivre la déclinaison du sol, il s’en écarte. Ce qui était un motif typiquement , suggestif d’un profil de pente, peut aussi se retrouver en position frontale, tout comme travaillant dans l’épaisseur de la paroi murale.

Le Corbusier / la continuité spatiale
(les terrasses en Ardèche…)
Lorsque Le Corbusier introduisait la rampe dans l’habitat, il voulait trouver un nouveau mode de liaison entre deux niveaux qui accentuerait la continuité spatiale. Ces rampes soulignent ainsi la continuité de l’intérieur vers l’extérieur, ou la continuité d’un étage à un autre et deviennent alors éléments d’architecture.

La pente donnant au sol une configuration tout à fait particulière va impliquer l’architecte à s’intéresser davantage au sol et notamment à l’accroche, à la position et à l’implantation du bâtiment avec le sol. La pente vient donc sur ce fait renforcer la position de l’habitat entre terre et ciel. Elle donne en effet naissance à une limite, qui comme les grecs le concevaient déjà, est le lieu du commencement de la forme. Cette limite, la ligne de pente, détermine ainsi le caractère d’une forme tout à fait spécifique, qu’est l’habitat en pente.


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